De l’impérieuse nécessité d’aller au plus vite aux élections couplées

Après le coup de semonce  donné par les fossoyeurs de la démocratie, les Burkinabè se remettent  petit à petit du  douloureux  épisode de ce 16 Septembre 2015  qui a vu  partir en fumée les espoirs légitimes de millions de nos concitoyens. A quelques encablures de l’ouverture officielle de la campagne électorale qui devait mener le pays  à un scrutin libre, équitable et transparent, des apprentis putschistes, venus sans doute d’une autre planète ont voulu porter un coup fatal à la marche radieuse du Peuple insurgé vers  un renforcement certain de la démocratie. Fort heureusement, l’initiative a fait pschitt comme  dirait l’expression. La résistance héroïque  des Forces Vives de la Nation a fait barrage à la forfaiture et le Général DIENDERE et ses ouailles ont fini par plier l’échine. C’est désormais à la justice de prendre le relais afin que les auteurs de ce « pronunciamiento » soient punis à la hauteur de leur félonie.

Le retour à l’ordre constitutionnel est plus que jamais nécessaire pour tourner définitivement cette page sombre de l’histoire de notre patrie. De nombreux facteurs militent en faveur de l’organisation dans les plus brefs délais du scrutin  électoral qui permettra aux Burkinabè d’élire leurs représentants

Ni guerre, ni paix

Comme son nom l’indique, une Transition n’a pas pour vocation de s’éterniser. Elle perdrait tout son sens et ouvrirait une ère d’instabilité pour notre Pays.

Bon nombre de citoyens n’hésitent  pas à remettre en cause la légitimité  des autorités de la Transition, arguant qu’ils ne sont pas élus, ce qui est fort contestable quand on analyse le cheminement qui a conduit à la mise en route de cette Transition.

Quant aux investisseurs, ils sont dans une position attentiste, histoire de ne prendre aucun risque.

Le résultat de cette situation de ni guerre ni paix est désastreux pour les équilibres financiers et l’économie déjà fragile du pays. Seules des institutions fortes, démocratiquement érigées  pourraient redonner confiance et relancer la machine économique.

Tel un concerto en ré mineur,  la plupart des acteurs  reprennent en cœur leur souhait d’aller au plus vite à des élections. Les principales formations politiques, les organisations de la société civile, les citoyens à la base,  considèrent cette option comme la plus indiquée pour restaurer l’ordre normal des choses

Du point de vue technique,  la Commission électorale nationale indépendante  avait annoncé les couleurs avant les évènements du 16 Septembre  en informant l’opinion publique  de l’avancée positive du processus organisationnel, ce  qui permettait d’aller sans grande difficulté aux urnes. N’ayant pas été directement touchée par la furia des «  hommes de caverne », la CENI devrait pouvoir très rapidement remettre les moteurs en marche afin de rester dans des délais raisonnables.

Les questions sécuritaires

C’est un des points évoqués par certains acteurs qui prônent un report du scrutin sur le long terme :

-Sécurisation totale  du  territoire avant d’aller aux urnes.

-Un  nombre important de soldats de l’ex RSP n’auraient pas rejoint leurs postes d’affectations.

-Nécessité  de reformer notre armée pour la rendre davantage homogène et républicaine.

Ces préoccupations bien que légitimes, soulèvent un questionnement de fond : peut-on attendre d’avoir un risque sécuritaire zéro, avant d’espérer revenir à un ordre constitutionnel normal? Qui de plus légitime qu’un dirigeant démocratiquement élu pour opérer des réformes profondes sein de nos Forces Armées ? Dans leur projet de société,  les  partis politiques en lice  proposent des pistes de réflexion qui permettront de renforcer les acquis de notre Armée Nationale. Les questions sécuritaires sont complexes et leur résolution se fait sur le long terme. Malgré les assauts répétés de la secte BOKO HARAM, le Nigéria a réalisé une alternance au sommet de l’Etat qui est désormais citée comme modèle de démocratie sur le continent. Le Président BUHARI  a  depuis les coudées franches et l’onction populaire  pour combattre efficacement la secte islamiste et restaurer la quiétude.

L’exemple burkinabè

Il est désormais établi que la résistance héroïque du peuple burkinabè est inscrite dans les annales de l’histoire du continent africain. Les longs règnes font le lit de l’instabilité et l’insurrection des 30 et 31 Octobre 2014 a mis  le Burkina Faso sous le feu des projecteurs. Bon nombre d’analystes aussi bien au plan national qu’international prédisaient le chaos après les vingt-sept années de règne sans partage de Blaise Compaoré. Il n’en fut rien.

Le putsch manqué de Septembre 2015 a été à l’origine d’une vive tension militaro-politique qui faillit précipiter le pays dans l’abîme. Il n’en fut rien. Ne donnons pas du grain à moudre aux pourfendeurs de la démocratie .Le coup de semonce du 16 Septembre doit rester à l’esprit de tous. Les forces du mal restent présentes, tapies dans l’ombre.

L’Afrique toute entière observe ce qui se passe au Pays des Hommes Intègres. En parachevant ce combat pour le renforcement de notre démocratie, en allant aux  urnes une année après l’insurrection populaire, l’exemple burkinabè fera date.

Yidan Benao

Cassou/ ZIRO

2016-10-12T14:51:49+00:00