Femmes battantes : Les vendeuses de fruits veulent s’autonomiser davantage

Les activités de vente de fruits au Burkina nourrissent son homme, sa femme devrions-nous dire. C’est ce que tentent de démontrer en longueur de journée ces femmes, vendeuses de fruits dans les différents coins de Ouagadougou. Après un tour dans la ville de Ouagadougou, le constat est simple. La vente des fruits est une activité génératrice de revenus qui contribue à rendre les femmes autonomes au plan financier.

Assises au marché, ou se promenant avec sur leurs têtes, des assiettes remplies d’oranges, de mangues ou de pommes, les femmes contribuent économiquement dans leurs foyers respectifs à travers l’activité de vente de fruits.

Pour Assétou BARRO, une vendeuse de fruits rencontrée dans la ville de Ouagadougou, cette activité représente sa vie et lui est chère. Selon elle, certaines filles pensent que c’est une activité dévalorisante. Et pourtant, de son avis, elles se trompent. Elle a décidé d’œuvrer à l’autonomie financière à partir de cette activité. Par jour, elle révèle pouvoir gagner à travers la vente des papayes, des oranges, des raisins et des pommes, un bénéfice de 10 000 F. Le prix des fruits varie beaucoup. Selon la période de l’année, il peut aller du simple au triple pour certains produits.

Quand on fait les calculs, on se rend compte qu’Assétou BARRO a environ 300 000 francs par mois. Un montant non négligeable qui contribue non seulement à l’autonomisation des femmes, mais aussi à la lutte contre la pauvreté.

L’activité de la vente des fruits renforce le rôle économique des femmes, tout en s’assurant que leur pouvoir dans la société augmente, mais il tend également à équilibrer au sein de la société les charges qu’elles supportent et leur donne un rôle citoyen. «Avec cette activité et les richesses qu’elle crée, je suis une femme respectée et honorée, notamment dans mon rôle de mère(…) au lieu de devenir un poids dans ma famille, je deviens un poids fondamental dans l’économie familiale». soutient Assétou BARRO.

Pour elle, l’activité gagnerait à être prise au sérieux par les femmes mais aussi par les autorités.

« Il y a des clients qui se plaignent du coût élevé des fruits. Et nous aussi, on n’y peut rien car on paye souvent les fruits loin de Ouagadougou dans des conditions de transport difficile. Par exemple, les oranges, les mangues et les papayes viennent des villages de Orodara, de Bobo-Dioulasso et de Banfora. Pourtant ce sont des localités éloignées de la capitale et avec fréquemment des voies d’accès en mauvais état. Souvent pendant la livraison, on se rend compte que certains fruits sont avariés. Nous sommes donc obligées de les jeter. C’est donc des pertes », a souligné une autre vendeuse de fruits. Pour Alima OUEDRAOGO, si l’Etat dote le pays d’un bon réseau de communication routier, la question de la cherté des fruits peut trouver des solutions. « Ainsi, on pourra avoir nos fruits dans des délais raisonnables et intacts. Aussi, il faut nous faciliter l’accès aux crédits », a-t-elle conclu.

2016-10-12T14:50:14+00:00