Quand la psychanalyse s’invite aux débats politiques au faso

Bonjour chers amis !

Qui peut établir avec exactitude la personne qui a mis dans la tête de Blaise Compaoré qu’il pouvait réviser l’article 37 de la Constitution ? Il faudrait pour cela être le meilleur psychanalyste pour le dire, quand on sait que l’intéressé n’est ni enfant ni naïf, mieux, lorsqu’on a affaire à un fin stratège de la pire espèce, plus rusé que Leuk le lièvre !
Ceux comme Ablassé Ouédraogo et quelques cagoulés de partis bien connus dont hélas certains de l’ex-CFOP, qui, sans être psychanalystes, prétendent que Roch Marc Christian Kaboré et ses compagnons avaient pu jouer ce rôle butent à de grosses contradictions insurmontables :

1ère contradiction : Qui avait pu influencer Blaise Compaoré lorsqu’il procédait à la levée du verrou de l’article 37 en 1997 ? Certainement pas Roch puisqu’il traversait une période de disgrâce, accusé déjà en son temps par la famille présidentielle de lorgner « le fauteuil ». D’ailleurs on se rappelle qu’à l’époque, Ablassé Ouédraogo, Chef de la diplomatie, luttait pour être le Saint des Saints à côté de Blaise Compaoré, lui qui réclamait d’être « Ministre » et pas un simple « membre du gouvernement » comme les autres.

2ème contradiction : Après avoir réussi cette première révision de 1997, Blaise Compaoré avait-il besoin d’un maître à penser pour procéder à la deuxième révision du genre avortée en 2014?

3ème contradiction : Pourquoi la famille Compaoré et ses suppôts Assimi Kouanda et autres ont-ils eu besoin de créer en 2007 la FEDAP/BC dont la mission stratégique sautait aux yeux de tout observateur, à savoir poser les jalons du règne à vie, à défaut promouvoir la succession du grand frère par le petit-frère ? Pourquoi le CDP, parti de Blaise Compaoré, ne suffisait-il pas à assurer cette mission ? La réponse, Ablassé Ouédraogo et compagnie la connaissent, Blaise COMPAORE ne pouvait aucunement faire confiance à Roch, à Simon, encore moins à Salif pour une telle mission.

La suite nous aura donné raison : la disgrâce de Salif, les accidents suspects à répétition de Simon et la méfiance chronique de la famille présidentielle vis-à-vis de Roch.

La déclaration incriminée de Roch en 2010 sur le caractère dit anti-démocratique de l’article 37 ne pouvait s’expliquer d’une part que par l’obligation imputable à sa charge de Président du CDP , d’autre part que par son souci d’éviter une implosion du parti, sous pression de la FEDAP/BC, et à un moment inopportun où il s’agissait encore de simples débats au Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) convoqué en 2011. Blaise Compaoré lui-même avait posé les principes de ces débats : tout ce qui n’était pas consensuel devrait être écarté. Mais l’intéressé ayant retourné sa langue en imposant la poursuite du processus de révision de l’article 37 malgré le non-consensus, Roch et ses compagnons l’ont progressivement lâché, d’abord en annonçant de manière surprenante qu’ils ne se représentaient plus ni à la tête du parti ni à leurs anciens postes (Assemblée nationale, Mairie) et, plus tard, en organisant leur sortie fracassante de son parti.

Alors, alors… que cessent les inepties dégoittrées à longueur de journée par les intrigants de toute nature dont certains de l’ex- CEFOP qui n’ont aucune honte de se renier comme Blaise. Hier, ce sont eux qui affichaient leur fierté de recevoir avec pompe « les courageux venus renforcer l’Opposition», aujourd’hui ils les disqualifient au prétexte qu’ils seraient de la 25ème heure. Le Faso se refuse d’être une République de la bêtise, de la bassesse et de la malhonnêteté !

En tout état de cause, si tous les acteurs du système avaient eu la même clairvoyance et le même courage que les RSS, il n’y aurait eu ni révision de l’article 37, ni insurrection, ni transition difficile. En cela, il n’y a aucune ambigüité. La loi vise-t-elle à frapper, en contre sens, ceux qui ont œuvré pour le triomphe de la bonne cause c’est-à-dire la démocratie, l’alternance et la justice?

Ceux qui se sont obstinés à réviser l’article 37 au point de martyriser des enfants du peuple sont punis de leur témérité. Ne cherchons donc pas de poux sur les crânes rasés !

Bien à vous et à bientôt !

Clément P. Sawadogo, SG du parti

2016-10-12T14:52:02+00:00